Parallèlement à mon voyage, j’avais vraiment à cœur de commencer un travail d’écriture. Plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, l’écriture m’a toujours attirée et je trouve là une occasion assez excitante de réaliser cette expérience.
Même si j’ai parfois couché sur papiers des émotions, des coups de gueule, des coups de cœur, je n’ai jamais pris le temps de le faire en voyage. Et c’est pour moi un très grand regret ...
Cette fois, j’aimerais retracer mon périple à travers mes photos mais aussi un récit, qui pourrait s’apparenter à un journal intime mais que je nommerais plutôt « journal de bord ».
Dans ce journal, je souhaite aller au-delà de la simple description des pays visités car ces informations sont accessibles à tous grâce aux nombreux guides et sites internet conçus à cet effet.
Par conséquent, à travers mes textes, et ce malgré ma pudeur, je prends le risque de me livrer un peu, pour rendre plus perceptible mon état d’esprit au fil de ces longs mois, dans le souci de vous faire partager, de la façon la plus honnête et fidèle qu’il soit, mes impressions et de vous faire vivre, sans prétention et sans vérité, mon tour du monde et ma conception du voyage. Il va de soi que les opinions exprimées dans ce récit m’appartiennent car elles arrivent dans la continuité de mon vécu, de mes attentes, et qu’elles ne pourront alors être que subjectives.
Enfin, j’ai conscience que la rédaction de ce carnet de route sera sans doute contraignante, mais je m’efforcerai, jour après jour, de ne pas négliger ce travail en espérant qu’il inspire des envies de voyage à beaucoup d’entre vous.
La porte de la « Maison d’Accueil » claque dans mon dos, je laisse derrière moi, fidèlement à la formule, « trois ans de bons et loyaux services », de nombreux souvenirs, une part de moi-même à travers des réflexions, des écrits et ma présence au sein d’une vie institutionnelle faite de hauts et de bas. C’est avec un petit pincement au cœur que je quitte mes collègues qui m’ont beaucoup apportée dans ma pratique d’assistante sociale, qui m’ont soutenue et vu évoluer durant ces dernières années.
Je monte dans ma voiture, jette un dernier coup d’œil à ces murs qui me sont si familiers avant de tourner la clé de contact. La radio s’allume automatiquement, elle chante « Knocking on heaven’s door », tandis que je sors du parking. Je prend conscience alors que je commence là à tourner une page de ma vie, à clore un chapitre.
C’est drôle, cette chanson … « knock’ knock’ knocking on heaven’s door …», en frappant à la porte du paradis …
Je l’écoute et la comparaison me vient alors immédiatement à l’esprit : bien sûr, je ne me trouve pas devant la porte du paradis … cela dit, la situation pourrait peut-être y ressembler … en tout cas, dans sa configuration : des portes s’ouvrent devant moi vers un monde incertain, celui du voyage au long cours, tandis que d’autres se referment derrière moi, celles d’une vie d’apparence plutôt bien conforme. L’impression est bizarre, à la fois agréable et excitante, et à la fois inquiétante et empreinte de nostalgie. Je désinvestis pour réinvestir un ailleurs. Je fonce droit dans l’inconnu avec toute la prise de risques que cela comporte, la roue est lancée, la machine est en marche, les dés sont jetés …
Malgré le long travail de préparatifs que j’ai entrepris pour ce voyage, nécessaire compte-tenu de l’ampleur de mon projet, malgré les nombreux témoignages qui remplissent mon imaginaire, je ne sais toujours pas vraiment ce qui m’attend. Néanmoins, c’est très bien ainsi car je tiens à garder cette part d’imprévu et de surprises qui font de certaines banalités des moments inoubliables et magiques.
Et puis, connaître un pays sur le bout des doigts dans la théorie et le vivre, c’est encore bien différent. Respirer ses parfums, écouter ses murmures, ses silences, sa musique, ses cris, saisir ses regards, ses sourires, ses couleurs, goûter ses arômes et ses épices, bref, mettre en éveil tous nos sens me semble être seul déterminant dans le fait qu’on affectionne un lieu ou pas.
C’est cependant aussi notre propre regard, notre état d’esprit, nos goûts, nos attentes, nos rêves lointains qui nous émerveillera ou pas devant un monument, au coin d’une rue, au détour d’une montagne, ou dans l’intensité d’une rencontre.
Alors je m’y résous, il m’est complètement impossible, même avec toute l’application que j’ai mise à préparer mon périple, d’anticiper l’aboutissement de ce projet.
La route continue de défiler sous les roues usées de ma petite saxo qui ne m’appartiendra bientôt plus et qui a pourtant parcouru avec moi des milliers de kilomètres de bitume. Et là, en fond sonore, une autre chanson significative, la radio fredonne « On the road again » ! J’ai du mal à y croire, on dirait que les ondes captent mes pensées …
Alors que la féria bat son plein en Arles, je refais pour la dernière fois ce trajet que j’ai fait machinalement 3 ans durant soit des centaines de fois. Je m’imprègne de ce paysage avant mon déménagement. J’ai un nouveau pincement au cœur à l’idée de quitter cette région, mon appartement, mon petit cocon …
Dois-je, dans le souci de me protéger de ces émotions négatives, m’habituer à ce genre d’égratignures et repousser ces états nostalgiques qui pourraient s’annoncer relativement fréquents dans les mois qui viennent? Ou est-ce la règle du jeu, le deal de « l’arrachement » pour l’évolution ?
Car c’est aussi là toute la dynamique du voyage, de la route : partir vers un lieu pour le quitter, s’attacher puis se détacher …
Et bien me voilà désormais au seuil de « l’entre-deux ». Ce que j’appelle « entre-deux », ce sont ces 5 semaines qui vont se déroulées jusqu’au 6 mai 2005, date fatidique de mon départ. Dans ce début d’entre-deux, tous mes doutes et toutes mes angoisses sont réactivées. Et oui, je l’avoue, je commence sérieusement à flipper !
Je me demande en effet si j’ai la « carrure » pour réaliser ce tour du monde, les tripes quoi !
Car finalement, ce n’est pas vraiment la Terre et les caprices de la nature qui me font appréhender le départ, en comparaison à certains qui pourrait craindre, comme je l’ai souvent entendu, un tsunami ou un ouragan. C’est un petit peu les Hommes qui vivent sur cette terre, mais surtout et avant tout, moi-même. J’ai peur de mes propres réactions face à la solitude qui me guette et face à l’absence des gens que j’aime. J’ai peur d’être en difficulté pour gérer des émotions particulières, je doute de mes capacités d’adaptation. J’ai peur de perdre mes repères si rassurants dont on ne mesure la valeur que lorsqu’on ne les a plus. Je crains le retour.
Mais après tout, c’est aussi pour cela que je pars, pour me retrouver ou plutôt pour me connaître, pour découvrir les parties obscures de moi-même, me tester dans la prise d’initiative et dans la prise de risques, dans un environnement qui pourrait s’avérer souvent hostile puisque méconnu.
En tout cas, au seuil de cet entre-deux, je prends conscience du courage de tous ces gens qui, un jour, ont décidé de changer leur vie, de réaliser leurs rêves, sous quelques formes que ce soit, et qui ont su dépasser la peur de l’échec pour vivre leur choix.
Quelle drôle de situation : après avoir tout mis en œuvre pour en arriver là matériellement, après y avoir laisser des plumes, me voilà en train de me débarrasser volontairement d’une grande partie de tout ce que j’ai acquis depuis mon indépendance financière, et ce au prix parfois de dures concessions.
La précarité de ma nouvelle situation, incertaine et peu confortable (plus de logement, bientôt plus de véhicule, plus de téléphone, plus de revenus mensuels, un minimum de meubles…), le bouleversement de tous mes repères et l’absence d’une stabilité rassurante (plus d’activité professionnelle, de chez-soi) me place dans une position assez angoissante.
Emergent alors dans mon esprit des questions de fond sur l’attachement à ce qu’on appelle communément le « capital financier ». Moi qui pensait en être totalement détachée, je conçois qu’il n’est pas si simple de s’en défaire car, dans notre société de consommation, notre statut, voire notre crédibilité auprès des autres, reposent souvent sur la quantité de biens que l’on possède.
Cela dit, je sais très bien que la richesse que je vais gagner dans ces futurs mois, qui ne s’estime pas en billets de banque, représente bien plus de valeur que toute cette quantité de biens matériels. Et puis quoiqu’il en soit, ils pourront être rachetés plus tard lorsque je souhaiterai me réinstaller puisque j’ai économisé quelques sous à cet effet (cela fait d’ailleurs partie de la préparation au retour à ne pas négliger dans la préparation du départ !).
Parallèlement à cette sensation d’angoisse qui va crescendo au fil des jours, je suis très heureuse à l’idée du départ qui approche. Bien occupée par les démarches de dernières minutes, j’essaye quand même de trouver le temps de savourer les derniers moments à passer avec les membres de mon entourage qui vont beaucoup me manquer. J’espère retrouver, en voyage, le soutien et l’affection que ma famille et mes amis m’apportent ici pour combler le vide et le manque qu’ils vont me laisser. Je fais donc la fête pour arroser mon départ, je tente de rassurer au mieux ceux qui s’inquiètent et de vivre pleinement le bonheur de cette pré-aventure.
Au fur et à mesure des jours, je vois mon sac-à-dos se remplir et s’affaisser sous son poids. Je me demande s’il n’existerait pas une potion magique pour alléger cette lourde coquille d’escargot car il m’est bien trop difficile d’éliminer chacune de ces affaires encombrantes qui me paraissent pourtant toutes indispensables.
Je m’active une dernière fois pour les derniers aspects pratiques (visite chez le médecin, assurances, mise en ligne de mon site internet, moyens de paiement, vente de ma voiture, photocopies des documents, derniers achats, etc, etc…).
Le stress grandit.
Encore trois jours à patienter sous les quelques rayons du soleil qui commence tout juste à pointer son nez dans nos forêts et vallées auvergnates, avant de retrouver la moiteur d’un début de saison des pluies en plein cœur du Mexique.
Encore deux nuits à dormir sous le ciel étoilé de ce calme petit hameau de Haute-Loire avant de retrouver un sommeil sûrement agité dans le brouhaha de la plus grande agglomération du monde, Mexico. D’ailleurs au fait, le marchand de sable, c’est le même au pays des aztèques ?
1 - Le grand départ
J-1 : Journée un peu nostalgique mais sympa avec les membres les plus proches de mon entourage. Derniers points Internet, fermeture du sac (bien trop lourd déjà), derniers adieux. Pas de préavis de grève SNCF. Dodo a 2H du mat’ pour levée assez difficile a 3H30.
Jour J : Le départ et les au revoirs s’annoncent tristounets, pourtant le moral est au beau fixe. Je réalise a peine que d’ici quelques heures, je marcherai « sous le soleil de Mexico »... Me voila donc dans le TGV, Gare Part-Dieu Lyon, 6H20, supportant déjà mal le poids de mon sac a dos pas encore poussiéreux. Me voila fin prête a vivre une multitude de péripéties et la grande aventure d’un tour du monde. Je ne
fais quand même pas la fière dans ce wagon, bondé déjà a cette heure matinale de toutes sortes de gens qui vaquent tous a leurs (pré)occupations. Les miennes (préoccupations) sont aux questions pratiques. Pour ne pas faire monter la pression plus qu’elle ne l’est, je me mets dans le bain du voyage en écoutant un peu de musique. Goldman ira très bien pour l’occasion :
« On partira de nuit, l’heure ou l’on doute , que demain revienne encore. Loin des villes soumises, on suivra l’autoroute, ensuite on perdra tous les nords. On laissera nos clés, nos cartes et nos codes, prisons pour nous retenir ; tous ces gens qu’on voit vivre comme s’ils ignoraient qu’un jour il faudra mourir et qui se font surprendre un soir. Oh belle, on ira. On partira toi et moi où ? je sais pas, y’a que les routes qui sont belles et peu importe où elles nous mènent ... On échappe a rien pas même a ses fuites, quand on se pose on est mort, oh j’ai tant obéi si peu choisi petite, et le temps perdu me dévore ... »
Tandis que la musique de ces paroles me berce, j’observe mes voisins de compartiment. Le jeune homme assis juste à cote de moi, avec qui j’ai déjà échangé quelques phrases sur le quai, ne pipe plus un mot et se laisse aller dans les bras d’Orphée. De l’autre cote, deux femmes d’une soixantaine d’années font part à tout le wagon de leurs déboires familiaux avec leurs bavardages hauts et incessants. Devant elles, après avoir méticuleusement rangé une invitation à un Congres « SOS Amitiés », un vieil homme se plonge dans une lecture intitulée « Nous sommes tous des patients » apparemment passionnante puisqu’il ne relèvera pas la tête du livre tout le long du trajet. Enfin, devant moi, deux jeunes hommes se montrent également captives par le Guide du Routard du Vietnam. Au même rythme que défilent les paysages brumeux et monotones, des enfants passent et repassent dans le couloir ... Lorsque je sors de mon sommeil, je ne suis qu’à quelques minutes de ma destination d’arrivée. Je laisse donc ce train qui continue son chemin jusqu’a Bruxelles, en gare de Roissy Charles de Gaulle a Paris. A quai, je suis scrupuleusement et amusée le parcours fléché qui m’amène jusqu’à la navette de mon terminal 2B. A l’aéroport, le jeu de piste continue a la recherche d’un point argent, d’une connexion Internet, de toilettes, du lieu d’enregistrement des bagages et d’embarquement. A quelques minutes de m’envoler pour le pays des aztèques, je tente de chasser mes pensées incontrôlables qui vont vers toutes les personnes qui vont me manquer, afin de bien apprécier ce moment tant attendu.
Le vol jusqu’a Mexico
J’avais oublié cette sensation de soulèvement au cœur au décollage de l’avion, j’avais oublié a quel point j’adorais ça !
1ere étape : Londres. Vu d’en haut, la Manche n’est qu’un ruisseau que l’on survole en quelques minutes. Je déjeune un petit casse-croûte a 7000 m d’altitude et à une vitesse de 720 km/h. Un problème majeur se pose alors : tout le monde parle anglais dans cet airbus de British Airways. Alors que je me félicite d’avoir pu entamer avec ma voisine une petite conversation dans la langue de la reine Elisabeth, tous les passagers éclatent de rire a l’écoute du speach du commandant de bord et applaudissent le beau parleur
rigolo. Interrogative, j’imite l’assemblée, sans avoir compris la cause de tant d’amusement.
A Londres, l’escale n’est pas très longue. Anticipant les 11h de vol qui m’attendent, je cherche désespérément une zone fumeur. A en constater la difficulté, je devine qu’ici les fumeurs sont mal vus et malvenus. Je me retrouve en effet dans une espèce de cabine, entassée au milieu d’une vingtaine d’autres personnes, dans un énorme nuage de fumée. Dans ce 8 m2, j’ai vraiment l’air d’un poisson dans son bocal. La voila LA méthode pour motiver les gens à arrêter de fumer ; là, je me dis que j’ai vraiment été stupide de recommencer cette saloperie.
Patiemment et passeport en main, j’attends, dans la salle d’embarquement, le signal pour monter dans l’avion. Je me demande quelle sera l’ambiance de Mexico, quelles seront mes 1eres impressions. Avant d’obtenir une réponse a mes questions, il me faut parcourir 8913 km. Ensuite, je traverserai la ville de Mexico pour rejoindre l’auberge de jeunesse que j’ai préalablement réservée.
Je m’installe confortablement dans ce boeing, très luxueux. Le voyage, spacieux (3 places pour moi toute seule) me permet de dormir un peu, de me familiariser avec la langue du pays (TV et écouteur radio), de profiter du paysage ... Pensive derrière le hublot, j’apprécie encore une fois ce moment formidable des grands départs vers l’inconnu. L’avion, c’est l’évasion, la promesse de l’exotisme en un rien de temps. Un
train, un bus, vous offre autre chose : un défilé de paysages, comme un dégradé de couleurs, il est vous imprègne doucement des lieux et de l'ambiance générale. L'avion est plus brutal. Chaque déplacement, qu'il soit aérien ou terrien, me comble; chacun apporte ses propres sensations, c'est pour cela qu'il est intéressant pour moi de varier les moyens de transports dans mon voyage.
Le voyage passe assez vite finalement : j’étudie avec grand soin le Guide du Routard et mon petit lexique. Je retrouve une pêche d’enfer.
Soudain, j’aperçois, tel un mirage sorti de nulle part, les 1ères lumières de Mexico ... Bouche bée, je contemple la plus grande ville du monde du ciel qui commence à s’assombrir. Une illumination s’étale a l’infini. Le gardien de la ville, le volcan Popocatépetl, parfait la grandeur du moment. L’excitation est à son comble à quelques minutes de l’atterrissage. Descente de tous les passagers.
Bienvenido a Mexico City !
L’arrivée a Mexico
Arrivée a l’aéroport, le plus grand d’Amérique Latine. Un peu perdue, je décide de suivre le mouvement. Le groupe de personnes devant moi doit sans doute, comme moi, vouloir récupérer leurs bagages. Mais en présentant mes papiers, je m’aperçois que je suis en train d’embarquer pour Madrid !
Demi-tour, mais ¿ donde esta la salida ? Mon B.A.ba d’espagnol ne m’est d’aucun secours. Je ne comprends pas un mot ...
Après toutes les formalités, je parviens enfin à acheter une carte téléphonique et à appeler l’auberge de jeunesse pour que quelqu’un vienne me récupérer.
En attendant, je contemple ce qu’il se passe autour de moi. Un vrai melting pot, plus de 20 millions de passager par an transitent ici, des gens de toutes les couleurs et de toutes les allures vont et viennent, l’atmosphère me plait beaucoup. Je remarque qu’il y a peu de français ; ma foi, le dépaysement au moins est bien réel. L’aéroport ne semble pas trop « craignos» mais, excepté le Mac Donald’s, il n’y a évidemment aucune comparaison avec l’ambiance de Paris, ni avec celle de Londres. C’est un peu l’anarchie, sans arrêt des hommes me sollicitent pour prendre leur taxi, d’autres m’interpellent pour changer mes euros. Je n’ai donc aucun mal a trouver des pesos.
Trois quart d’heure passe lorsque, soudain, un jeune homme pressé me donne quelques consignes en espagnol, disparaît, puis revient me chercher avec deux autres jeunes femmes américaines, des voyageuses à leur apparence. En effet, quelques minutes après, celles-ci m’expliquent qu’après avoir visité toute l’Amérique du Nord et passé quelques jours a Tijuana, elles envisagent de rester quelque temps a Mexico. Notre chauffeur, le jeune homme pressé, est la caricature parfaite du mexicain : cheveux noirs, longs, laqués et tirés en couettes, il nous demande de nous installer dans un van jaune, très confortable. Nous sortons du parking et entrons de plein fouet dans la vie urbaine de Mexico. C’est impressionnant !
A travers ma vitre, j’observe Mexico by night. Dans le chaos des embouteillages, la splendeur des monuments alterne avec la crasse des bidonvilles pour laisser place à de larges avenues, similaires a celles que j’avais pu emprunter lors de mon séjour a Los Angeles. De gros camions, camionnettes et vans se mêlent à une multitude de petites coccinelles qui sont pour la plupart des taxis. Les rues jonchées de déchets rappellent la fin de la fête nationale du 5 mai où l’on commémore, d’après les
explications de mon chauffeur, la bataille de Puebla ou l’armée mexicaine l’emporta sur les troupes françaises de Napoléon III ( je n’ai pas choisi le bon moment pour arriver ¡ ...). Les quartiers « pauvres » aperçus de l’avion sont peuplés de chiens errants, tandis que sur la place de la cathédrale, le
"zocalo", de nombreux marchands ambulants mettent mes papilles en appétit.
La soirée puis la nuit se passent plutôt bien. Le dortoir où je dors est assez étrange, très sombre (pas de fenêtres), murs peints de fresques mexicaines, le confort laisse à désirer mais l’ensemble parait assez propre (ceci dit, tout est relatif). Une fuite d’eau près de mon lit fait l’attraction de toute l’Auberge de Jeunesse mais ne fait heureusement aucun dégâts sur mon sac.
Je retrouve par hasard Coralie complètement paniquée avec qui j’avaiséchangé quelques mails en France car elle participe au même chantier que moi. En tout cas, quel plaisir de pouvoir parler français !
Pause Internet, douche, et puisque personne dans mon dortoir ne comprend ni mon anglais ni mon espagnol, j’abandonne, claquée, et je m’allonge sur mon lit « militaire » (en fer et a étage). Le sommeil ne se fait pas attendre ... je m’endors en pensant a demain.
Le rendez-vous a Toluca (7 et 8 mai)
Premier levée matinal au Mexique. Petit déjeuner sur la terrasse du toit de l’AJ (Auberge de Jeunesse) qui surplombe tous les alentours. La vue est imprenable. J’admire Mexico de jour.
L’Aj se trouve dans un immeuble colonial du Centre Historique, dans le quartier populaire de la Moneda, à quelques pas du zocalo . Le zocalo est la place principale d’une ville, le lieu privilégié d’animation autour duquel tout s’ordonne. Je constate d’ailleurs qu’un grand concert se prépare (j’apprendrai plus tard qu’il s’agit de celui d’un chanteur très célèbre ici, du nom de Mickael Bosse. En fait, le terme « zocalo » signifie « socle ». Si la place la plus importante de Mexico s’est appelée ainsi, ce serait a cause du socle de la statue équestre de Carlos IV qui resta longtemps sans statue, d’ou le surnom ironique de zocalo pour designer cette place. Par extension, on surnomma toutes les autres places mexicaines ainsi. D’après le Guide du Routard, le zocalo de Mexico, d’une grande unité architecturale (la 3eme plus grande sur Terre) est l’une des plus belles places au monde et l’une des plus anciennes. En effet, cette place au centre de Mexico, se trouve sur l’emplacement de l’ancien marché aztèque. Ce sont d’ailleurs les pierres des pyramides aztèques qui ont servies pour la construction des églises et édifices coloniaux et pour paver la place. Aujourd’hui, tous les grands événements du pays s’y déroulent. Il est aussi devenu le centre de revendication des indigènes.
Dans le ciel, le smog cache un peu le soleil qui tente vainement de percer. La pollution est donc bien réelle, me dis-je, en levant les yeux. Il parait même qu’en 1999, elle était telle que les pigeons tombaient du ciel,étouffés par l’air contaminé.
Du haut de mon perchoir, j’observe en bas, dans la rue, tous ces gens et je réalise qu’ils font partie des 2 500 000 habitants qui peuplent Mexico . Avec une densité de 5634 hab./km2, l’Europe (50 hab./km2) n’a pas sa comparaison avec la ville de Mexico.
L’observation de cette foule dense et très hétéroclite (au mexique, 11% de la population est indigène, ce qui représente plus de 50 ethnies), m’occupe un long moment. Pour l’instant, les effets de la haute altitude (2300m) ne se font pas ressentir.
Apres avoir été attentive à ne pas avaler n’importe quoi (pas tout de suite la turista s’il vous plait), je passe devant un patio genre puit de lumière pour descendre a l’accueil. Devant l’entrée de l’AJ, j’appelle un taxi qui nous emmène, avec Coralie, à la gare routière ouest. A peine montée dans le taxi, je regrette déjà d’avoir écouté Coralie qui n’a pas voulu prendre le métro pour se rendre à la gare car, en plus de la question du coût moindre, j’aurai vraiment bien voulu connaître l’ambiance des transports locaux. Je
me console en me disant que de toutes façons, j’envisage de revenir visiter Mexico très bientôt.
Le chauffeur du taxi, Alejandro, très sympathique, se montre très serviable.
En descendant de la voiture, il me fera même un petit cadeau (un petit masque en terre)¡ Je suis les conseils d’Alejandro : « lo mejor para aprender la idioma de español es de praticar ... », et entame la
conversation avec lui. Il a raison, mon vocabulaire revient assez rapidement, ce qui me réjouit pour le restant de la journée.
Après environ 1H de bus jusqu’a Toluca, Luis, le responsable des programmes du chantier vient nous récupérer avec sa vieille Nissan rouge délavée. Chez lui, il nous présente Gwenaelle, originaire de Nantes, expatriée au Mexique depuis 4 mois pour effectuer un stage d’étude. Celle-ci a déjà passé 12 moisà Toluca dans le cadre d’un chantier à long terme l’année dernière. Elle est aussi devenue la compagne de Luis mais le gros sac de Gwenaelle devant la porte ainsi que le dialogue quasi inexistant entre elle et Luis nous laissent deviner qu'il a des tensions au sein du couple.
Nous faisons très facilement connaissance avec Gwenaelle (le rapprochement patriotique aidant ) qui nous donne toutes les informations utiles et répond patiemment à chacune de nos questions bêtes. Nous apprenons donc que nous resterons chez Luis jusqu’a mardi (4 jours) avant de rejoindre nos familles d’accueil et de démarrer le chantier.
Petite entrée en matière avec la culture mexicaine : Gwenaelle nous emmène au restaurant où les piments valent bien leur réputation. En effet, nous goûtons au tortas, un genre de sandwich ovale chaud, avec une base
d’avocat, de frijoles, de fromage fondu, de salade, d’oignons et de piments, et qui peut etre garni de poulet, de jambon, de viande panée. C’est pas mal comme en-cas : pas cher (14 pesos, soit 1 euro environ) et très bon.
Le soir, trop fatiguées, nous loupons, avec Coralie, l’occasion de participer a un mariage auquel nous étions invitées.
Le lendemain, au réveil, une taiwanaise assise devant l’ordinateur nous salue. Rachel (son prénom) est également là pour le chantier. Puis Leen, belge, aussi volontaire, nous accueille également d’un sourire chaleureux, dégoulinante et serviette sur la tête au sortir de sa douche.
La matinée est consacrée aux emplettes. Luis nous fait découvrir l’ambiance folle d’un marche typiquement mexicain. Errant dans les allées, je remarque qu’il s’agit d’un « mercado » principalement alimentaire. Toutes ces bonnes odeurs réveillent mon appétit à cette heure où, en France, nous prenons le déjeuner. Les cris exagérés des marchands m’effrayent un peu sur le coup mais je m’y habitue rapidement. Je découvre alors quelques spécialités mexicaines, comme le nopal (variété de cactus dont les feuilles se mangent crues en salade ou frites, sans les épines évidemment). C’est aussi le paradis des fruits tropicaux. En plus des fruits classiques, s’étalent des ananas, des bananes, des papayes, mangues, goyaves et autres fruits moins connus comme le mamey, la grenade, la chirimoya (pomme canelle), la tuna (fruit du figuier de Barbarie) ... Nous rentrons les bras chargés de bonnes choses que nous cuisinons en rentrant.
Le reste du week-end est plutôt calme ; l’altitude me fatigue un peu , le décalage horaire aussi. Mes proches me manquent mais il y a tellement de nouveautés dans ma « nouvelle vie » que les journées passent très vite. Je commence a prendre doucement mes marques.
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2-Le début du chantier (9-10 mai)
L’appartement de Luis est très agréable. A la façon « Auberge espagnole » (pour ceux qui ont vu le film), la cohabitation avec Luis, mexicain, Leen, belge, Rachel, taiwanaise, parfois Christelle, estonienne, Gwenaelle, Coralie et moi-même, françaises se passe à merveille pour l’instant.
Durant ces quelques jours, la richesse de ces rencontres est inestimable. Chacun tente de dialoguer dans le « langage » de son interlocuteur/rice, les gestes faisant le reste, et l’apprentissage des langues, le point central des échanges, la clé de la relation, devient ainsi beaucoup plus ludique.
Une espèce de routine s’installe linge, Internet, courses, préparation des repas ...
Lundi 9 mai :
Je découvre le détail de mon projet de volontariat. Mon travail consiste a m’occuper de bébés et de jeunes enfants placés (de 15 jours a 18 mois) dans un orphelinat. Dans l’attente de parents adoptifs, "los niños" restent dans ce centre public, qui s’apparente a nos foyers en France, a la différence qu’ici, il y a peu de travailleurs sociaux. En effet, a l’exception de la psychologue et du personnel médical, ce sont des « mamie's» qui s’occupent du quotidien et de l’éducation de ces enfants. Et ce sont donc avec ces "mamie's" que je vais travailler durant 5 semaines.
Cette première journée se déroule plutôt bien. Une autre volontaire vendéenne, Marie-Lou, là depuis 4 mois, guide mes premiers pas dans cette institution en même temps qu’elle guide ceux des pitchouns dont nous avons la responsabilité. Marie-Lou, babacoole de première, m’est aussi d’une tout autre utilité. En effet, celle-ci me branche rapidement sur tous les coins a la mode de Toluca, me propose de l’accompagner dimanche a un festival international de reggae a Mexico et, grande amatrice de "pulque", me fournit toutes les informations sur « où aller pour goûter a cette spécialité ».
Pour ceux qui ne connaissent pas (comme moi avant mon arrivée), le pulque est une boisson alcoolisée faite a base de maguey (variété d’agave), fermentée au lieu d’être distillée. On peut le boire nature ou sucré dans quelques endroits pour touristes ou dans les pulquerias, c’est a dire des espèces de bars glauques plus ou moins autorisés. C’est le seul alcool qui existait au temps des aztèques, ceux-ci ayant d’ailleurs le droit d'en boire qu’a de très rares occasions (en dehors de ces moments, s’enivrer était puni de mort).
Mon projet est assez intéressant, notamment de ma place de travailleur social, ceci dit, je me sens un peu isolée. Je suis un peu déçue en rentrant de l’orphelinat dans ce bus brinquebalant, car au lieu de retrouver l’ambiance colo des chantiers, c’est plutôt l’ambiance boulot (a mi-temps certes, mais boulot quand même !).
J’oublie vite cette petite déception dès le début de la soirée. En effet, chez Luis, en plus de mes co-locataires habituels, je retrouve Julie, une parisienne expatriée depuis 10 mois, qui effectue un stage de 3eme année pour ses études de Sciences Po, avec son copain, Miguel, qui n’est autre que le frère de Luis.
La soirée commence festive, mais tandis que les heures passent et que la bouteille de rhum se vide (pour la moitie au moins par Miguel), je regrette de ne pas être plus mêlée aux jeunes mexicains. Mais soudain, Luis qui semble lire dans mes pensées, propose de terminer la soirée chez Severino, un ami a lui, a quelques pas d'ici. Nous voila donc tous partis dans les deux voitures pourries de nos deux seuls autochtones.
Au cours de la soirée, nous sommes initiés a tous les jeux mexicains, pour la plupart semblables aux nôtres : le uno, les dominos cubains, le rami (avec des cartes différentes des nôtres), la marana (le « kilo de merde » français) ... Ce qui me vaut comme « castigo », (un gage, une punition, incontournable ici vraisemblablement) de chanter notre cher hymne national, avec un casque sur les oreilles de salsa afin de rendre l'exploit plus difficile pour moi et plus rigolo pour le public.
La fête se poursuit assez tard dans la nuit. Nous rentrons, épuisés.
Mardi 10 mai :
Première petite "galère" ce matin.
Prête pour rejoindre Miguel et Marie-Lou, une petite cigarette s’impose avant de partir sur le projet. Soucieuse de ne pas enfumer l’appartement, je sors dans le couloir, accompagnée de Coralie. Absorbées par le déroulement de notre journée, nous oublions de bloquer la porte d’entrée comme a l’habitude (qui ne s'ouvre sans clé que de l'intérieur). Et soudain ... boum, la porte de l’appartement claque sous nos yeux. Un rire nerveux nous envahit.
Tous nos co-locataires ont déjà quitté les lieux pour se rendre au travail. Sans argent, ni téléphone, ni numéro de téléphone d’ailleurs, nous sommes la, impuissantes, devant cette immense porte en bois que nous maudissons. Apres nos multiples et vaines tentatives pour trafiquer la serrure, nous décidons d’attendre patiemment l’arrivée d’un de nos co-locataires ... 1H, 2H, 2H30, 3H d’attente ... et nobody a l’horizon.
Nous rassemblons nos neurones pour chercher une solution. Apres avoir ameuter tout le voisinage, retour a la case départ. Ceux-ci nous proposent gentiment le gîte mais il nous faut absolument prévenir quelqu’un a présent car notre patience a des limites !
Gênées, nous mendions un téléphone a un passant qui nous autorise (pas de bon cœur mais nous n’avons pas bien le choix) un appel sur son portable. Coralie peut donc joindre ses parents en France (elle a eu la bonne idée de leu laisser le numéro de portable de Luis) lesquels appellent Luis dans la foulée.
Bref, 4H plus tard, nous sommes libérées de notre « calvaire » !
La fin de l’après-midi est familiale. Fête des mères oblige. Ici, c’est un grand évènement. Le jour est férié et les mamans sont vraiment mises a l’honneur. Le repas dans la famille de Luis, typiquement mexicain, est excellent (vraie paella).
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L’immersion dans la vie mexicaine (10-11-12-13 mai)
Mercredi 11 mai :
L’université ou je dois prendre mes cours d’espagnol est encore fermée jusqu'à demain.
Direction le DIF (nom de l’orphelinat). Je commence a me familiariser avec le travail, a mieux connaître le personnel, à rencontrer des gens de Toluca …
La saison des pluies a commencé et même s’il n’y a, en général qu’une ou deux averses en fin d’après-midi, cela suffit, aujourd´hui, pour me tremper jusqu’aux os le temps d’arriver chez Luis. D’autant que les flaques, énormes, sales et boueuses m’éclaboussent jusqu’au cou a chaque passage de voiture.
Je m’habitue aux transports, aux bus appelés ici « los camiones », peu confortables, avec, au volant, des chauffeurs très sympathiques mais complètement inconscients sur la route. Néanmoins, ceux-ci ont le mérite de s’arrêter ou l’on veut sur un simple signe de la main au détour d'une rue. Il n'y a pour ainsi dire quasiment pas d'arrêt de bus et il me faut bien prendre garde a visualiser de loin les destinations écrites sur le pare-brise souvent cassé pour pouvoir interpeller le chauffeur rapidement afin qu'il n'ait pas trop de difficultés pour me récupérer.
Par contre, je m’habitue beaucoup moins aux horaires de repas : un bon petit déjeuner (el almuerzo) vers 10H et un vrai repas vers 16H30. Ceci dit, la plupart des mexicains ne respectent pas ces horaires et chacun mange finalement quand bon lui semble.
Je fais connaissance avec mon futur "hébergeur", Joachin (ma famille d’accueil en quelque sorte ou je n’irai que demain), un mexicain de 37 ans divorcé et père d’un petit garçon dont il n’a pas la garde durant la semaine. Joachin me fait bonne impression. Ce dernier semble très drôle. Sa réputation de distrait, désordonné et « cool » correspond assez a mon tempérament et fait l’unanimité auprès des volontaires. « You’re really lucky » me répetent une à une, mes nouvelles amies, « Joachin is really great and his house is beautiful ». Joachin vit a Metepec, un petit village attenant Toluca, a 45 minutes en bus du centre. La tradition de ce très joli village aux maisons basses et aux toits de tuile, sont les soleils en terre, peints de couleurs vives, et surtout les fameux « arbres de vie » (« arbóles de la vida ») en céramique. L’arbre de vie, en forme de chandelier est en fait une sculpture recouverte d’une multitude de petites figurines en argile : des fleurs, des personnages d’Adam et Eve, des animaux (notamment l’éléphant, la girafe et le serpent). Sur beaucoup, au sommet de l’arbre, trône Dieu, le père de la création qui donne la vie a l’ensemble. Il faut rappeler que la religion tient une place très importante dans la vie des mexicains, mais je vous en parlerai plus tard.
La soirée se poursuit au bar El Arte tenu par un homme très original, dans le centre-ville de Toluca, et se prolonge jusqu'à minuit et demie. Leen, Rachel et moi retrouvons Mike, un business man américain de Chicago, installé au Mexique depuis 9 ans, également grand musicien (tromboniste) d’après Leen, ma colocataire belge flamande, qui est aussi sa petite amie depuis 2 mois.
Un autre ami a Leen, Rafa, mexicain, termine la soirée avec nous. Rafa est guitariste et joue a l'Arte tous les vendredi, samedi et dimanche; il se dit passionné par la culture anglaise et particulièrement par les Beatles et Queen.
Pendant que tous palabrent, je sifflote mon verre de piña colada, tout en me concentrant pour essayer de saisir ce qu’il se dit autour de notre table basse. Mais il m’est déjà difficile de comprendre l’anglais en temps normal alors imaginez avec la musique en fond sonore et surtout les accents mexicain, flamant, américain (passe encore) et taiwanais.
Le mexicain nous parle de musique, de son rêve de vivre en Europe pour percer dans la chanson, des conditions de vie des habitants au Mexique qu'il déplore. L'américain, lui, raconte son exode au Mexique pour son travail qui lui rapporte aujourd´hui énormément d'argent. La belge m'explique le déroulement de ses études de travailleur social dans son pays natal et la taiwanaise sa passion pour les civilisations mayas. Sur un air de guitare, joué par Rafa, nous partageons un moment très agréable, dans ce bar plutôt select et décoré entre autres par de nombreuses reproductions de peintures de Picasso, Goya et Miro.
Lorsque nous traversons Toluca en taxi pour rentrer se coucher, je remarque avec étonnement qu'a cette heure-ci il n'y a déjà plus âmes qui vivent dans les rues de cette ville de 900 000 habitants. Rachel, partie dans sa famille d'accueil hier, dormira exceptionnellement avec nous chez Luis, compte tenu de l'heure tardive. Sa "mère" de famille semble assez conservatiste (je le constaterai plus tard maintes fois dans la plupart des familles mexicaines) et il est difficilement concevable que Rachel, jeune femme, même avec ses 26 années, sorte le soir seule. Elle lui en tiendra rancune plusieurs jours.
jeudi 12 mai :
Ce matin, Luis nous emmène a l'Université ou nous allons, Coralie, Rachel et moi passer un test d'évaluation pour déterminer notre niveau d'espagnol.
Rachel et Coralie ont un niveau débutant (normal, elles n'ont jamais appris cette langue a l'école), quant a moi, mon niveau intermédiaire parait poser problème. En effet, pour bénéficier des cours, il me faudrait un professeur particulier. Or, cette perspective coûte trop cher a l'association. Luis me rassure en me disant qu'il essayera de trouver une solution pour moi.
Exceptionnellement, je ne me rend pas au DIF aujourd'hui. Je profite donc de mon temps libre pour les taches courantes (linge, Internet, rédaction de mon journal, téléphone ...).
J'apprends que je n'irai pas chez Joachin avant lundi. La journée passe vite, le temps de regarder un DVD (le dessin animé "les triplettes de Belleville"), de travailler un peu mon espagnol et d'une petite lecture qui m'instruit sur l'histoire du Mexique et il est déjà l'heure d'aller dormir.
Mon sommeil est très agité, je commence même à rêver en espagnol, c'est assez étrange ...
Vendredi 13 mai :
En arrivant aujourd'hui a l'orphelinat, je passe, comme a l'habitude devant le bâtiment des enfants placés de la maternelle, celui du primaire puis celui des adolescents. Je m'arrête un moment pour regarder un groupe de petits garçons dans la cour, certainement en récréation. C'est drôle, quelques secondes, j'ai l'impression d'être dans la cour des "Choristes" . Pas pour le décor bien sur qui n'a absolument rien a voir avec l'après-guerre français mais pour l'uniforme que tous ces enfants portent : short vert kaki foncé et chaussettes jusqu'au genou. Les filles en rang, dans une autre cour (je remarque par la même occasion pour la première fois que l'école n'est pas mixte), sont également vêtues d'un costume : jupes plissées écossaises qui arrivent aux genoux et chemises bleues marines, petites cravates dans les mêmes tons que le bas (rouge et vert), chaussettes blanches si hautes qu'elle ne laissent voir qu'un centimètre de leur peau.
Les vêtements des élèves, identiques pour une même classe mais variables d'une classe a l'autre et d'une école a l'autre, sont tous trop classiques à mon goût. Les petites filles se retournent vers moi et me sourient longuement. Elles doivent s'interroger sur mes origines et les raisons de ma présence. Malgré leur look "vieillot", je les trouve très jolies avec leurs deux tresses qui tombent chaque coté de leurs joues, toutes brunes aux yeux noires.
Les bébés dont je m'occupe, ne sont eux, pas tous vêtus pareils. Néanmoins, leur coupe de cheveux est identique (boule a zéro). Les mamie's portent également toutes la même tenue, pas très élégante, c'est le moins qu'on puisse dire. Robe serrée a la taille, arrivant aux mollets, a gros carreaux blancs et marrons, dentelle au col et aux manches. Ecoutant toute la sainte journée des cantiques, elles ressemblent a des religieuses. Celles-ci sont,en tout cas, très sympathiques et très maternelles avec les bébés.
Ce matin, en partant, Luis m'as dit que ce soir, nous pourrions aller faire un tour à la feria de Metepec. Je suis donc assez pressée de rentrer pour cette soirée.
Marché nocturne typiquement indien, exposition artisanale, parc d'attraction, bodegas, mariachis, rodéo et danse salsa. Baila baila, papas a la spirale y a la francesa en main, Rachel et moi, découvrons du haut de notre manège, tête en bas, l'ensemble de la féria qui rassemble une grande foule constituée en majorité de la jeunesse mexicaine.
J'aime beaucoup cette atmosphère "western". Au milieu des cow-boys et des indiens, des taureaux et des chapeaux, des santiags et des lainages, je erre avec Rachel qui recherche un Coca-cola. Mais c'est incroyable, ici de grandes affiches Coca Cola cachent l'horizon (en plus de la publicité Corona et des candidats a l'élection du prochain "gobernor") et il nous est extrêmement difficile de trouver cette boisson mondiale.
Nous pouvons cependant goûter au "mole" blanc, noir et vert. Parmi ces trois différentes sortes de mole, je préfère de loin, le blanc, le mole poblano (spécialité de la ville de Puebla) qui est une sauce faite a base de cacao, amandes et d'une dizaine d'autres ingrédients dont, bien sur, toutes sortes de piments. Quel régal ! Le mole oaxaqueno (de la ville d'Oaxaca) est une sauce noire comme de l'encre, c'est la réduction d'une purée de poivrons avec du millet, des oignons et des bananes caramélisés. Mais moins bon à mon goût. Nous testons également les papas a la spirale, des bonbons a la cacahuète ...
Devant les étales de bijoux et de vêtements typiques, nous ne pouvons nous retenir de faire des achats : une veste en laine (aux couleurs vives que nous connaissons de l'Amérique latine), fait main a l'indienne pour ce qui me concerne. Rachel, elle, se laisse tenter par un "reboso" (grand châle tissé rectangulaire en coton).
La fête est égayée par plusieurs scènes musicales, dont un orchestre de traditionnels mariachis. Habillés d'un pantalon noir au plus près (parfois blanc dans les rues de Toluca), brodé d'or ou d'argent, veste très courte, brodée elle aussi, lavalliere bouffante, sombrero et bottes a talons, ces musiciens me font penser aux costumes des amis de Zorro. A la base, ces orchestres jouaient dans les mariages de la bourgeoisie mexicaine (d'ou leur appellation "mariachis"). Ils sont composés de deux ou trois guitares, autant de violons, deux chanteurs, deux flûtes et deux trompettes. Ces musiciens ambulants sont très nombreux a Toluca. Ils sont en général sur le zocalo ou aux "portales" (les halles) et jouent quelques airs traditionnels jusque tard le soir. Les mexicains en raffolent, moi un peu moins, je n'ai jamais trop aimé les musiques de fanfare. Mais ici, il parait qu'on fait régulièrement appel a eux, souvent pour qu'ils aillent jouer sous le balcon de la bien-aimée et ce, pour des sommes considérables (entre 1500 et 3500 pesos la prestation, soit de 110 a 250 euros environ).
Malheureusement, il est trop tard pour pouvoir assister aux spectacles de rodéo (appelé ici "la charrería"), aux combats de coq (spectacle assez cruel parait-il) et aux courses de taureaux.
Nous finissons donc notre excursion dans une bodega très animée. Tous ceux qui m'accompagne commandent un grand verre de bière, la boisson nationale après la tequila. Pour ma part, comme je n'aime pas trop ça, je ne prend rien, surprise et vite repoussée par le prix bien trop élevé des autres boissons pourtant habituellement bon marché au Mexique.
Les amis de Miguel que nous retrouvons sont d'excellents danseurs de salsa, de meringue et de cumbia. Mais une fois qu'ils commencent a danser, ils ne s'arrêtent plus. .. A 4h du matin, lorsque nous décidons de partir, ceux-ci sont toujours sur la piste, virevoltant de plus belle.
Soudain, une bagarre explose. Une quinzaine de jeunes en entoure un autre couché par terre, et le martèlent de coups de pieds très violemment. Un autre groupe intervient pour dégager la pauvre victime de ses agresseurs. Les gens ont vraiment tous trop bu. L'endroit devient assez dangereux a cette heure avancée de la nuit. Nous partons.
Mais la soirée n'est pas terminée pour nous. Sur la route du retour, des sirènes et un gyrophare derrière nous, nous font comprendre qu'il nous faut nous garer. Arrestation par la police ...
Et tous les mexicains vous le diront, ici, moins on a affaire a la police, mieux on se porte. A tel point que quand ils sont victimes d'un vol ou d'un cambriolage, la plupart préfèrent, d'après le Guide du Routard, ne pas déposer plainte plutôt que d'aller au commissariat. Imaginez les Ripoux en dix fois plus corrompus ... et dix fois moins bien payés ! Ici, pour être policier, pas besoin de faire des études, de passer un examen ou de faire preuve de civisme. Il suffit d'acheter sa plaque, son uniforme et ... son revolver. Recevant un salaire pas même suffisant pour vivre, les policiers doivent pourtant verser de l'argent a leur supérieur, chaque jour, pour avoir le droit d'être dans un quartier. Il est reconnu que nombre d'agressions sont le fait de policiers. Un exemple parmi d'autres : on a découvert que les innombrables kidnappings qui avaient lieu a Cuernavaca étaient couverts par le chef de la police judiciaire, avec la complicité du gouverneur de l'Etat ¡
Il s'agit donc de ma première expérience avec ces policiers si mal réputés. Or, ça commence mal pour nous, le permis de Miguel n'est plus valide. Ici, les permis doivent être renouvelé tous les 5 ans (je crois), il s'agit juste d'une formalité mais cela coûte très cher. Voila pourquoi la plupart des mexicains conduisent sans permis. Pour couronner le tout, Miguel conduisait en excès de vitesse. Moi, Julie et Rachel restons dans la voiture, sur les instructions du policier moustachu.
Apres au moins 1/2 heure de discussion avec les deux agents, Miguel revient, silencieux, chercher 50 pesos (soit même pas 4 euros) qu'il donne aux policiers corrompus sur le bord de la bande d'arrêt d'urgence de cette trois voies, pour le laisser partir sans plus d'embètement. Ce n'est donc pas une légende, même si elle tend a diminuer depuis un an ou deux, "la mordida" est bien réelle avec la police mexicaine. Ainsi, au lieu de vous faire payer l'amende officielle, Julie nous explique que le policier attend implicitement que vous lui graissiez la patte, et vous pouvez etre surs qu'a chaque fois, la "mordida " (c'est pourtant un délit) fonctionne, même pour des infractions graves. Je trouve cela assez déplorable, mais au moins Miguel n'aura pas eu plus de tracasseries policières.
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Un week-end au Mexique (14-15 mai)
Samedi 14 mai
Visite (avec Luis, Coralie, Rachel et Marilou) des Pyramides de Tenango, un petit village a 1/2 heure de Toluca ou vit une partie de la famille de Luis.
La visite est très agréable mais ces pyramides, peu anciennes (qui datent de 1400 après J.C), n'ont rien d'exceptionnelles ici ou les sites aztèques et mayas sont nombreux. Je consacrerai donc plus d'explications a l'histoire de ces civilisations dans la suite de mon journal, lors des visites de sites précolombiens qui me paraissent beaucoup plus intéressants et qui sont programmées pour plus tard au sud du Mexique.
Epuisés par toutes les marches que nous avons du monter pour atteindre le sommet des pyramides, nous prenons une pause dans un restaurant très typique au sein du village. Pendant ce temps, une soirée se prépare avec tous les volontaires étrangers et les personnes de l'association SIJUVVE, partenaire de l'association française Jeunesse et Reconstruction chez les cousins de Luis.
La maison de ces derniers est superbe. Durant la soirée, comme bien souvent ici, des jeux autour d'un grand feu nous amènent à nous connaître davantage dans une ambiance très conviviale, sans oublier la coutume du "castigo" (dont j'ai déjà fait allusion précédemment) pour chaque perdant.
Le buffet regroupe encore une fois toutes sortes de plats traditionnels : des tacos (tortilla garnie de viande de boeuf, de porc, de foie ou encore de cervelle), du guacamole pour accompagner les tacos (connu en France : c'est une purée froide d'oignons et d'avocats, a peine relevée de piments), du pozole (soupe de maïs, de viande et de pois chiches), l'incontournable pollo (qu'on trouve absolument partout et a toutes les heures ici : ce sont des morceaux de poulet cuisinés a l'étouffée dans une feuille de bananier), en dessert de la gélatine de fraise et de citron vert.
Apres le long cours sur la culture et la géographie mexicaine dont l'oncle de Luis me fait brillamment bénéficier, ce dernier, collectionneur invétéré d'antiquités, me dresse le détail de l'histoire de quasiment tous les objets et meubles qui garnissent sa jolie maison. Je ne comprends pas tout de son quasi-monologue rapide et passionné, mais je réalise que la famille doit être quand même aisé pour pouvoir s'offrir tout cela.
Son discours est intéressant, mais je remarque que tout le monde a quitté le feu dehors pour rentrer dans la salle de réception; c'est qu'il commence a faire frais a 2h du matin a 2800 m d'altitude !
Aussitôt réchauffés, tous les mexicains se jettent sur la piste de danse improvisée pour se déhancher. J'admire leur facilité a bouger sur la musique endiablée latino américaine. Pressée de faire mes premiers pas, j'accepte avec plaisir l'invitation d'Eder, le cousin de Luis et professeur de danse a ses heures perdues, lequel m'initie patiemment a la salsa. Les bases me paraissent assez simples mais les figures bien plus difficiles et je préfère m'asseoir pour regarder le spectacle.
Dimanche 15 mai
Visite de Taxco (avec Coralie et Rachel), a 3H de bus de Toluca.
La route est très sinueuse. La vue plongeante sur la campagne est désertique. Elle me rappelle les images du nord du pays que j'ai eu l'occasion de voir en préparant mon voyage.
Des chevaux sauvages ou en tout cas en totale liberté errent au milieu des cactus et sur le bord de la route caillouteuse. De nombreuses vachettes cherchent désespérément une herbe verte a brouter mais le sol rocailleux et poussiéreux explique leur maigreur.
Parfois, le bus croise quelques petits villages ou la majorité des habitants semblent beaucoup plus pauvres qu'a Toluca. Dans les habitations, construites de moellons non crépis et de toits de paille, des personnages qui semblent tout droit sortis d'un western américain avec leurs chapeaux et bottes de cow-boys, se prélassent autour de petites tables en bois en buvant de la bière et en mangeant des tacos. D'autres s'occupent des poules et d'ânes, aussi en liberté. Quelques enfants, guitares a la main forment des cercles. Plusieurs d'entre eux portent des tee-shirts sur lequel est imprimé l'image du Christ crucifié. Leurs visages indiens et leurs accessoires de cuir dénotent avec leur canette de Coca Cola. Le temps parait passer doucement pour tous ces paysans mexicains, au rythme de la nature qui les entoure ...
Je m'endors sur ces images qui me paraissent presque irréelles ...
Mes yeux s'ouvrent sur ma nouvelle voisine : une indienne, âgée, petite et ratatinée qui doit certainement se rendre au marché de Taxco au regard de la nature de ses "bagages". En effet, ses grands paniers ne laissent guère de place a mes pieds engourdis par 2h30 de trajet. Je salive en voyant un énorme panier rempli de grosses mures sauvages. Dans un autre, des grenades, puis dans un autre des petits citrons verts, un quatrième plein de nopal ...
L'indienne me baragouine quelques mots pour s'excuser, sans doute de l'encombrement de toutes ses marchandises. J'anticipe la descente du bus pour ne pas avoir a me dépêcher et renverser tout l'objet de ses revenus sûrement modestes. Son sourire édenté au milieu de son beau visage ridé et buriné, reste quelques secondes dans mon esprit après avoir quitter la chaleur de du bus, mais disparaît vite une fois immergée dans l'animation marchande de Taxco.
Taxco est une ville touristique classée monument national. Son labyrinthe de ruelles et d'escaliers qui dévalent les pentes raides des collines, est un enchantement ¡
Les maisons blanches aux toits de tuiles me font oublier mon environnement habituel (Toluca) ou les toits des habitations sont tous plats, servant pour la plupart du temps de terrasses. Mais a l'inverse du paysage rencontré sur la route, Taxco, avec son charme colonial, n'est pas caractéristique du Mexique profond même si cette petite ville reste très pittoresque.
La grande spécialité de Taxco est l'argent (le matériau pas le billet !) ici très bon marche (je ne manquerai pas d'ailleurs de m'acheter quelques bijoux). Elle remonte a l'arrivée des espagnols qui arrivèrent dans le coin en 1522 et qui voulaient de l'étain pour couler des pièces d'artillerie. Mais c'est de l'argent que découvrirent les prospecteurs de Cortes. Plus tard (au 18eme siècle), alors que les mines avaient été épuisées, l'arrivée d'un aventurier aragonais, Jean Joseph de Laborde, fit fortune en découvrant et en exploitant la mine de San Ignacio près de la ville. Mais les gisements s'épuisèrent a nouveau.
Depuis une cinquantaine d'année, Taxco est redevenue un centre artisanal très actif, ou plus de 1500 artisans fabriquent des bijoux, des pièces d'orfèvrerie, de la vaisselle. Paradoxe puisque les mines ne produisent pratiquement plus rien depuis longtemps. En fait, l'argent provient d'autres régions du Mexique (le pays est premier producteur mondial). C'est le Canadien William Spratling qui, dans les années 1930, a relancé l'activité en fondant le premier atelier et en créant des bijoux d'après des modèles indiens. Taxco devait ainsi devenir la capitale de l'argenterie.
Au marché, couvert par des bâches, je me promène au milieu des étals qui n'en finissent plus, dans ces rues étroites et pavées de pierres minuscules. Les petites coccinelles et petits vans sont quasiment l'unique moyen de locomotion ici. Une fanfare sur le zocalo fait l'animation des touristes bien plus nombreux qu'a Toluca.
Je ne profite cependant pas trop de la journée, gênée par la fatigue (seulement 2h de sommeil a cause de la fête d'hier). De plus, Coralie qui m'accompagne, un peu malade et qui ne veut plus marcher, préfère que je reste près d'elle, trop apeurée par la foule. Je supporte donc durant 3H ces plaintes sur la chaleur, le bruit, la poussière, les odeurs, la saleté, la fatigue, et même ses remarques désobligeantes auprès des gens sur leurs différences vestimentaires, alimentaires, hygiéniques .. J'ai donc un petit coup de blues et je me promets de faire mes visites mieux accompagnée la prochaine fois. Je déteste par dessus les voyageurs qui manquent de respect a la population locale. On n'est pas obligée d'aimer un lieu mais on se doit, me semble-t-il, de rester poli et tolérant, sinon on reste chez soi.
En attendant notre bus pour rentrer a la gare de Taxco, j'observe la foule, bien plus indigène que dans les grandes villes. Je remarque que beaucoup viennent acheter des bijoux en argent en grosses quantité, sans doute pour les revendre plus cher ailleurs.
Le retour est semblable au premier, sauf que la nuit commence a tomber et que la lumière du crépuscule rend la nature encore plus belle. Le temps d'attraper de quoi avaler a Toluca et me voila chez Luis pour une bonne nuit de sommeil.
Mon nouveau logement (16-17-18 mai)
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